La carte n’est pas le territoire, ou le piège des images

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As-tu parfois le sentiment de n’être en phase ni avec toi-même, ni avec le monde qui t’entoure ? L’impression de ne pas véritablement réussir à accéder à ton potentiel, ni à l’exprimer et le partager autour de toi ? La sensation de ne tout simplement pas réussir à être toi-même, au point de te sentir contraint d’assumer une vie qui n’est pas la tienne ? Une vie qui n’est pas naturelle et qui repose sur beaucoup trop de faux semblants ?

Si tel est le cas, il est possible que tu sois victime de tes propres croyances, victime de toute sortes de préjugés qui vivent en toi et qui influencent le regard que tu portes non seulement sur toi-même, mais également le regard que tu portes sur le monde extérieur.

C’est pour cela que j’aimerais pouvoir attirer ton attention sur ta capacité de perception, sur ta façon de concevoir et d’appréhender la vie, sur le mode de pensée ainsi que l’état d’esprit qui influencent tes décisions : car selon ta façon d’appréhender les choses, selon que ta vision du monde soit plus ou moins entachée de préjugés socio-culturels, religieux, scientifiques, plus ou moins entachée de ressentiments, de jugements et d’opinions de quelle que sorte que ce soit: en fonction de tout cela tu pourras ou pas, te voir tel que tu es vraiment, t’accepter tel que tu es vraiment et de surcroît accepter la vie telle qu’elle est réellement, afin de te positionner plus correctement dans le monde et être de nouveau en phase avec lui, sans pourtant autant te perdre toi-même de vue, sans te dénaturer.

Car oui, il est possible de (re)trouver le juste équilibre, le juste (ré)alignement entre les valeurs qui constituent notre moi profond, et le monde qui nous entoure. Comment arriver à retrouver cet équilibre ? En prenant conscience de toutes les fausses croyances, de tous les filtres, de toutes les attentes, de tous les ressentiments et de tous les préjugés qui nous coupent du réel, qui éclipsent notre lucidité et qui nous empêchent de transformer notre réalité.

Cela peut sonner comme une évidence, mais pour changer la réalité, il faut ÊTRE DANS LA RÉALITÉ, et non dans une image préfabriquée de cette réalité à laquelle on serait scotchée, faute de quoi on se contente de remplacer une illusion par une autre, un fantasme pas un autre, et rien ne change concrètement dans notre vie matérielle, en tout cas pas forcément pour le meilleur.

Or ce qui importe, c’est de se sentir évoluer dans sa chaire, c’est de transformer le réel en commençant par se sentir soi-même transformé. J’aimerais donc t’inviter à aller à la rencontre de ce réel, t’amener à concevoir qu’il n’y a qu’à partir de ce regain de réalisme, de lucidité, que tu pourras véritablement t’exprimer, véritablement t’épanouir et pourquoi pas, avoir un impact significativement positif dans la vie des gens qui t’entourent.

Pour cela, l’une des choses les plus importantes à faire est de commencer par prendre conscience de ce qui te distance du réel, de ce qui te distance de cet état d’esprit à partir duquel tu peux savoir qui tu es vraiment et ainsi pouvoir accueillir tes réelles potentialités, cet état d’esprit à partir duquel tu peux à nouveau te sentir en capacité de percevoir et de saisir instant après instant, les opportunités d’épanouissement personnel les plus immédiatement accessibles dans ta vie, celles à partir desquelles tu peux te construire de façon pérenne, durable, réelle, étape après étape. Or souvent, ce sont précisément nos croyances qui nous distancent de cette réalité.

Via notre éducation, via notre exposition aux médias ou simplement via les situations de vie que nous rencontrons quotidiennement, nous intériorisons consciemment ou non toutes sortes d’influences, d’opinions, de sentiments, de jugements : tout cela finit par constituer un système de croyance à partir duquel nous prenons chacune de nos décisions, autant de croyances qui peuvent faire écran entre soi et le monde.

En effet, lorsque l’on ne sait pas faire la part entre soi et toutes ces influences qui entrent en nous, on finit par perdre sa lucidité, perdre sa capacité à penser clairement. On perd la capacité à faire sa propre expérience du réel car nos conditionnements colorent nos sentiments et nos pensées au point de nous écarter de cet état de neutralité, à partir duquel on peut plus justement apprécier les situations qui se présentent à nous : au lieu de cela, ce dont nous faisons l’expérience sans nous en rendre compte est d’une réalité influencée par toutes sortes de pensées et d’émotions étrangères à soi, qui n’ont pas toujours la place qu’il faut dans notre grille de lecture, laquelle finit par manquer de transparence.

C’est un peu comme si plutôt que de regarder un paysage avec nos propres yeux, nous nous contentions d’en observer une représentation imagée, un dessin de ce paysage, un dessin qui finalement n’est rien d’autre que le point de vue d’une autre personne, une personne qui à un moment donné a perçu ce paysage telle qu’elle était en capacité de le percevoir. Or ce que l’on a tendance à oublier c’est que la perception de tout un chacun est entre autres, fonction de sa constitution biologique ainsi que de son conditionnement moral, intellectuel, culturel, social, religieux et familial

Bien entendu, il convient de se rappeler que le fait d’hériter de croyances et de s’en construire, quelles qu’elles soient, n’est pas mauvais en soi. Nous avons besoin de repères pour nous situer dans la vie. Néanmoins, il faut pouvoir être en capacité de trouver le juste équilibre entre soi et la somme des influences qui nous conditionnent : cela afin de ne pas étouffer notre singularité mais bien au contraire, de la laisser émerger afin d’être une réelle valeur ajoutée, une valeur non seulement unique mais également complémentaire de celle de chacun des êtres qui nous entourent.

Malheureusement, ou heureusement selon la façon dont on conçoit la chose – car après tout les épreuves que nous traversons sont aussi des opportunités de rectifier notre rapport au réel – il arrive que nos croyances nous distancent de situations de vie dont on se coupe tant on en a une opinion toute faite (généralement négative sinon exagérément positive), quoiqu’il en soit une opinion qui bien souvent ne correspond pas tout à fait à la réalité, mais à laquelle on s’accroche comme s’il s’agissait d’une vérité absolue. C’est ainsi que l’on s’empêche de vivre certaines situations de vie en les jugeant ou trop en deçà de ce que l’on croit mériter, ou au contraire trop hors de portée de nos capacités. Là encore ce sont les croyances que l’on a à propos de soi et du monde, qui peuvent nous inhiber, nous maintenir dans l’inaction.

Hélas, sans forcément que l’on s’en rende toujours compte, il peut arriver que l’on se serve de nos croyances comme d’un moyen de justifier nos peurs et nos échecs, comme d’un moyen de constamment retarder le moment de notre prise de responsabilité, retarder le moment où il nous faut concrètement agir dans le sens de ce qui nous inspire, dans le sens de ce qui nous fait le plus vibrer de l’intérieur. On peut par exemple se laisser convaincre que l’on est bon à rien, tant une personne aura pu nous le suggérer, s’interdisant ainsi d’approfondir un domaine qui nous passionne vraiment. On peut également se laisser convaincre qu’aussi longtemps que certaines conditions extérieures n’auront pas toutes été réunies, il me sera impossible d’initier quoique ce soit : auquel cas on perd de vue les opportunités d’agir qui sont plus immédiatement à notre portée. Or à force de ne pas agir, on perd confiance en soi : cela engendre frustration, peur, malentendu, et désarroi.

« Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. »
Jean 8 :32

Il y a plusieurs raisons qui peuvent expliquer que l’on s’accroche dur comme ferme à une certaine vision du monde : on peut avoir bâti tout un pan de sa vie sur un certain système de croyances, voire une vie entière, auquel cas la perspective d’une remise en question nous laisse dans la crainte d’un terrifiant vertige existentiel. On se pose alors la question de savoir, « que vaut vraiment tout ce que j’ai entrepris jusqu’à lors ? Sur quoi ma vie va t-elle à présent reposer ?  Au fond, qui suis-je ? ». Autant de pensées qui nous livrent au final à la peur de l’inconnu, la peur de ne reposer sur rien de réellement fondé, de solide, de vrai et de stable.

Dans ces moments là, il faut simplement réussir à accueillir l’idée qu’une désillusion, en l’occurrence celle engendrée par l’effondrement du système de croyances sur lequel on s’est construit, est peut-être l’une des meilleures choses qui puisse nous arriver en tant qu’individu, c’est peut-être là une réelle occasion d’éveil. En effet, la vie entière est faite de constants réajustements entre ce qui a une valeur éphémère et ce qui a une valeur éternelle: ces réajustements sont autant d’occasions de réduire le fossé entre ce que l’on est et ce que l’on paraît, un faussé souvent constitué de croyances au sujet de soi et du monde, de croyances destinées à nous conforter dans nos faux semblants ; autant de fausses croyances qu’il faut avoir le courage d’abandonner afin de se défaire de certaines illusions, afin de substituer l’être au paraître et ainsi s’aligner avec sa Vérité Intérieure.

L’accès à notre Vérité Intérieure, à notre essence fondamentale, implique nécessairement une réconciliation avec l’inconnu, dans la mesure où notre vie elle même s’enracine dans un profond Mystère. Il n’y a qu’à méditer quelques instants sur ces deux phénomènes qui encadrent notre vie que sont la naissance et la mort, qui lorsque l’on y prend réellement attention, échappent à toute explication rationnelle, claire et définitive. Ce constat devrait pouvoir suffire à nous resituer en position d’humilité, d’accueil et de réceptivité à l’endroit de cette part d’inconnu qui pour nous sourire et nous révéler ses secrets, n’attend peut-être qu’une seule chose : que nous remplacions les sentiments de contrôle et de crainte, par ceux de lâcher-prise et d’émerveillement, à l’endroit même ce qui de toute évidence échappe à notre entendement.

On peut bien sûr s’efforcer de cerner notre nature fondamentale en mettant des mots dessus, mais ce serait confondre la carte et le territoire. Il y a une dimension de la vie qui n’est pas faite pour être pensée, qui n’est pas faite pour être théorisée mais pour être vécue, pour être ressentie dans nos entrailles. Accepter cette part de Mystère, l’accueillir avec une curiosité sereine, c’est s’affranchir de l’obsession maladive de l’être humain à compenser la peur de ce qu’il ne connaît pas, la peur de sa nature véritable, par une tendance maladive au contrôle, laquelle n’est possible qu’en s’inventant des systèmes de croyances qui semblent expliquer le réel, mais ne font que l’imager: or rappelons le une fois encore, la carte n’est pas le territoire, une image de la réalité (ce que constitue tout système de croyances), ne sera jamais la réalité elle-même.

« Ce que tu fuis te poursuis, ce à quoi tu fais face s’efface ».
Carl Gustav Jung

C’est là un véritable exercice de lâcher prise qui peut selon que l’on y résiste ou pas, nous réconcilier avec la Vie. Il n’y a qu’en reconnaissant lucidement la peur de l’inconnu cachée derrière notre tendance à nous réfugier derrière de fausses croyances, que peut commencer à s’opérer cette réconciliation : à condition de suspendre tout jugement, à condition de se laisser «enseigner » par la Vie.

On peut tenter de se convaincre du contraire, mais avant d’être des Créateurs nous sommes avant tout des Créatures : or c’est le sentiment d’inconnu vis à vis de ce qui nous place en position de Créature, qui nous effraie au point de nier cette réalité et d’aller dans le monde selon de faux principes érigés par notre égo, en se complaisant dans l’illusion du Contrôle.

Aussi longtemps que l’on se conforte dans de fausses croyances, on se distance de la réalité. Cela peut-être sécurisant durant un certain temps, mais tôt où tard vient le moment où il nous faut entrer dans la vie et composer avec sa part de Mystère, ce Mystère qui fait écho à ce que nous sommes au delà de nos étiquettes. Accueillir l’inconnu, c’est accueillir l’essence fondatrice et mystérieuse de sa propre Vie, c’est se laisser guider par elle et s’émerveiller en réalisant que cette guidance intérieure concoure in fine à l’avènement de ce que notre âme désir le plus profondément, ce que notre âme désire de plus essentiel : être.

Il se pourrait que l’on soit terrorisé à l’idée qu’en étant véritablement soi-même, qu’en se livrant à notre guidance intérieure et en étant libéré de tous nos blocages, de toutes nos illusions, nous devenions dangereux pour nous-mêmes et pour la société. Que vont penser les membres de ma famille ? Que vont penser mes collègues de travail, mes amis, ma société ? Autant de questions qui nous maintiennent dans la peur, une peur qui si elle n’est pas consciemment et lucidement intégrée, nous paralyse et nous coupe une fois de plus de la possibilité d’être réellement soi.

Ce qu’il nous faut réussir à comprendre, c’est que le fait de vivre selon sa réelle nature n’implique pas d’agir de façon inopportune, sans considération ni pour ce que pensent les autres ni pour les croyances sur lesquelles repose leur équilibre, et plus largement l’équilibre de la société. Être soi, faire l’expérience consciente de notre essence véritable dans ce qu’elle a de plus authentique, ne signifie pas que l’on va désormais imposer sa vérité au monde, ce qui serait un acte de violence. La liberté d’être soi n’exclut pas la pudeur, la retenue, le silence et l’humilité. La liberté d’être soi se vit dans un esprit de joie profonde et de sérénité, loin de l’obsession de prouver aux autres quoique ce soit. La liberté d’être soi, c’est s’offrir humblement en partage, tout en accueillant l’autre sans être obnubilé par l’idée de le changer, c’est laisser le temps et le Nature s’inviter dans notre rapport aux autres et au monde, car il y des processus naturels qu’il faut laisser faire, il y a des temps et des modes d’évolution propres à chacun d’entre nous, il faut laisser le temps au temps.

Lutter contre le fait qu’il est nécessaire que le temps s’invite dans nos processus d’évolutions, c’est à nouveau vouloir se situer en position de contrôle, c’est être possédé par l’idée que nous sommes Maîtres du Monde et qu’ainsi nous pouvons plier le monde à tous nos désirs, tant légitimes qu’illégitimes : or l’obsession du contrôle, rappelons le, indique notre difficulté à composer avec l’inconnu.

La liberté d’être soi n’exclut pas que nous prenions le temps qu’il faut pour communiquer avec pédagogie, délicatesse et patience sa vérité autour de soi. Être soi, c’est aussi ne rien prendre pour acquis : c’est se dire que si hier j’ai pu être prisonnier d’un certain système de croyances, rien ne me dit que j’en sois aujourd’hui complètement libéré. Ainsi je demeure dans l’état d’esprit de celui qui humblement, accueille la reconnexion avec son moi profond et avec le monde qui l’entoure, comme une transformation quotidienne, comme la recherche d’un équilibre de tout instant.

Vous l’avez bien compris, le fait de lâcher prise en s’autorisant à expérimenter le type de vie qu’il y a derrière nos schémas de pensée répétitifs et sclérosés, implique de se décrisper et de laisser sereinement jaillir depuis le plus profond de notre cœur et de notre âme, ce qui en nous est bloqué par le contrôle excessif que l’on s’efforce d’exercer sur soi-même et sur le monde. Notre mental, via toutes les pensées qui le traversent, peut avoir tendance à nous tenir à distance de nous-mêmes, et notamment de notre intuition. Or c’est précisément cette guidance intérieure s’exprimant via notre intuition, qu’il nous faut regagner en apprenant tranquillement à désamorcer sinon à canaliser, le flux incessant de pensées qui fait en permanence irruption dans notre esprit, et qui de fait étouffe notre Voix intérieure, laquelle nous effraie à cause de la part d’inconnu et de lâcher prise qu’elle nous force à intégrer dans notre vécu quotidien. Mais il est possible de se laisser sereinement féconder de l’intérieur par la découverte de notre propre Mystère, en l’accueillant non pas avec peur, mais avec une paisible et lucide attention, délicatement, tranquillement, pas à pas.

Ce qu’il peut être utile de garder à l’esprit, est que le fait de s’exposer à certaines situations de vie en acceptant de baisser notre garde, en mettant de côté nos préjugés, ne signifie pas que nous laissons tout et n’importe quoi faire irruption dans nos vies. C’est au contraire l’occasion d’exercer notre discernement, mais un discernement qui ne soit pas entaché d’idées préconçues, un discernement qui soit le fruit d’une réelle clarté et présence d’esprit, d’une fine et précise attention. C’est pourquoi il est important de regagner une qualité d’introspection, de remise en question, qui nous permette de prendre conscience de tous ces instants durant lesquels nous sommes sur le point d’agir sous l’influence de motivations, de pensées, d’idées et de désirs qui nous font perdre toute lucidité.

« Tout est permismais tout n’est pas utile ; tout est permismais tout n’édifie pas. »
Corinthiens 10 :23

La lucidité correspond à cet état à partir duquel on est suffisamment clair d’esprit et suffisamment ancré en soi, pour distinguer ce qui va dans le sens de nos plus profondes et réelles aspirations, de ce qui ne constitue qu’une source d’excitation éphémère n’apportant rien de durable dans nos vies. Or aujourd’hui plus qu’hier, notre attention se laisser en permanence accaparer par des influences passagères, qui envahissent notre corps et notre esprit au point de nous couper de nos réelles priorités ainsi que des situations qui nous font réellement grandir, des situations qui nous permettent de nourrir notre âme et de nous maintenir dans l’axe de notre réelle mission de vie.

Prenons le cas des médias : lorsque nous consommons sans vigilance, sans esprit de recul et de modération, toutes les informations en permanence véhiculées autour de nous, négatives comme positives, nous prenons le risque de nous identifier à des problématiques, des idéologies, des croyances et des désirs qui constituent certes une source d’intérêt en soi, mais qui n’apportent pas nécessairement de solutions concrètes aux situations de vie qui nous concernent de façon plus immédiate.

Ainsi, il est important de faire l’expérience de son propre discernement, et non de faire complètement sienne la grille d’analyse d’autrui, sans l’avoir réellement intégrée à sa propre réalité, sans s’être demandé dans quelle proportion est-ce qu’il nous était véritablement utile d’agir sur la base d’une vision du monde étrangère à la sienne. Car de toute évidence, chacun aborde les expériences de la vie en fonction de ses propres attentes, selon ses propres dispositions de corps et d’esprit, selon ses propres capacités matérielles et immatérielles, qui diffèrent d’un individu à un autre. Les avis, les opinions d’autrui constituent certes des repères fondamentaux qu’il est VITAL d’avoir, de même qu’il est important à un moment ou un autre de se décider à marcher sur son propre sentier d’évolution avec ses propres pieds.

« Avance sur ton chemin, car il n’existe que par ta marche. »
Saint-Augustin

Alors désamorce les appréhensions qui t’habitent, celles que tu as héritées d’autres personnes et qui ne t’appartiennent pas forcément, ou qui ne te sont pas utiles de la façon dont elles doivent l’être. Cesse de te faire des films sur la base de toutes sortes de croyances, de fantasmes et d’illusions. Vis la vis dans ta propre chaire, afin de développer tes propres acquis, afin de développer ta sensibilité personnelle, afin de développer ton assurance et de te déployer dans la vie en faisant l’expérience de ta guidance intérieure.

« Je suis parce que nous sommes. »
Concept Zulu d’Ubuntu

Mais prends garde à ne pas basculer d’un extrême à un autre en te croyant soudainement maître du monde n’ayant de compte à rendre à personne. Nos actes ont des conséquences sur nous-mêmes ainsi que sur les êtres qui nous entourent : regagne simplement l’état de lucidité à partir duquel tu es capable d’accueillir d’un même regard, d’une part ce qui fait de toi un être singulier appelé à faire l’expérience de sa singularité, et de l’autre un être collectif nécessairement appelé à embrasser l’esprit de co-complémentarité inhérent à la nature de la vie elle même. « Nul n’est sorti du néant », nous existons en vertu des échanges matériels et immatériels qui nous relient les uns aux autres : le Un ne peut exister sans le Tout, et inversement.

Lorsque l’on observe la Nature, aucune espèce n’est fondamentalement au dessus d’une autre : seul notre grille de lecture humaine entachée de notre soif de contrôle nous fait interpréter les choses comme tel. En réalité, chaque espèce a une place bien spécifique au sein d’un écosystème qui tend naturellement vers l’osmose, vers l’équilibre.  Ainsi, il nous faut apprendre à nous resituer de façon juste à la croisée des axes de l’individuel et du collectif, afin que nous brillions par la complémentaire de nos singularités respectives.

Bon courage sur ton chemin.

 

Copyright texte et photo 2010 © David Mboussou

 

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