Être ou ne pas être ?

Je crois que nous sommes dotés d’une intelligence intrinsèque, d’une guidance innée et intérieure à laquelle nous peinons à nous relier, d’un potentiel que nous n’arrivons pas à exprimer, à cause de toutes les croyances, influences, conditionnements et peurs qui nous séparent de nous même, qui nous séparent de la source de notre créativité, qui nous séparent de notre destinée, de notre mission de vie, de notre singularité, de notre originalité, de notre spontanéité, de notre nature réelle. Ainsi, nous pouvons avoir du mal à nous sentir en phase avec nous même et de surcroît avec le monde qui nous entoure. Nous pouvons éprouver une sorte de « mal être existentiel », comme une sorte de décalage avec la Vie, en ce sens qu’au quotidien nous peinons à nous sentir accomplis, réalisés, épanouis.

Nous pouvons avoir du mal à nous incarner, à exprimer sur un plan concret, matériel et au quotidien, notre réalité intérieure, invisible, immatérielle, notre nature fondamentale. Nous sommes piégés dans les jeux de miroirs, dans les comparaisons, dans les attentes, les croyances, les sentiments et les désirs qui nous environnent et qui finissent par nous parasiter par leur pouvoir d’influence et de dénaturation de notre Vérité Intérieure. Toutes ces influences peuvent, faute d’éveil à notre nature propre, nous couper du fil de notre itinéraire personnel, de notre destinée, de notre singularité.

Nous disons qu’il est possible de renouer avec soi, qu’il est possible de se sentir accompli, de sentir que l’on se réalise à chaque instant de notre vie, de faire en sorte que chaque situation devienne l’occasion de rechercher, de découvrir et de révéler qui nous sommes, et donc de briller par notre réelle lumière, sans excès d’orgueil ni fausse modestie.

Cela se traduit par une plus grande sérénité, par de la joie de vivre couplée d’un sentiment récurrent de gratitude vis à vis de tous les instants de grâce que nous offre la vie, par une plus grande confiance en soi, par une plus grande lucidité, une plus grande force d’attention, de réceptivité ; par un éveil des sens, par de l’enthousiasme, par une plus grande ouverture du cœur et je dirais même, par la découverte d’une forme d’amour inconditionnel. On se sent davantage à l’aise avec certains facteurs qui pouvaient jusqu’à lors nous paralyser, nous plonger dans l’angoisse. On compose mieux avec l’inconnu ainsi qu’avec le facteur temps. Notre égo bride de moins en moins notre naturel, que l’on apprend à vivre de façon décomplexée, sans pour autant manquer de pudeur ou de tact dans l’ensemble de nos interactions.

La démarche que j’encourage consiste à prendre du recul, sinon à rompre avec une certaine obsession de société, qui consiste à ne vouloir exister qu’à travers les fausses identités que l’on se créer, à travers des choix et des projets de vie artificiels qui ne nous correspondent pas véritablement mais que l’on adopte de façon mécanique, simplement par conformisme et manque d’éveil à sa propre singularité. J’ose croire qu’il faut cesser de vouloir s’orienter en fonction du conditionnement ambiant, mais davantage en fonction de sa guidance intérieure.  J’ose croire que le mal être existentiel n’est pas toujours dans la question de notre « devenir », mais dans celle de notre « être ». Qui sommes-nous réellement ? Qui nous sommes-nous au delà des étiquettes dont on se pare afin d’exister à tout prix aux yeux des autres ?

Bien entendu, il n’est pas question de rejeter la société, ses codes et ses influences, mais simplement de savoir resituer tout cela à sa juste place, une place qui n’étouffe pas notre conscience personnelle, une place qui nous rend libre d’accepter ou de rejeter certaines influences qui ne nous correspondent pas nécessairement, être en mesure de le faire dans un esprit à la fois de souplesse, de respect de soi et d’autrui, mais également de fermeté. Il s’agit de faire émerger son naturel, son originalité, non pas pour se séparer de notre environnement, mais pour s’y relier plus correctement, dans un réel esprit de complémentarité, plutôt que dans la non acception de notre propre essence.

Cette démarche peut de prime abord créer un certain inconfort auprès des personnes qui sont obsédées par l’idée de contrôler tous les aspects de leur vie jusque dans les moindres détails, car ce travail sur soi implique de « s’abandonner » à notre guidance intérieure, de renoncer à avoir toutes les réponses en temps et en heure, d’accepter que les réponses arrivent en chemin, à mesure que l’on s’ancre en soi même, à mesure que l’on fait l’expérience d’une plus grande reliance avec notre être profond, avec notre âme, à mesure que l’on fait l’expérience d’une vie vécue en fonction de notre être véritable, et non en fonction des masques sociétaux, chose qui nous distance de notre vérité intérieure et finit par nous rendre malheureux. Le besoin de contrôle exercé à outrance, traduit selon nous un manque d’emphase avec la Vie : plus on cherche à contrôler la nature dans tout ce qu’elle a d’insaisissable, plus elle nous échappe, or plus elle nous échappe plus on cherche à la contrôler : c’est là un cercle vicieux qui ne nous permet pas de faire l’expérience du lâcher prise ni d’envisager de poser des actes de foi, dans un esprit d’harmonie.

Je pense d’ailleurs que la foi, cette capacité d’accéder à son intuition et de se laisser diriger par elle via cet ensemble de signaux subtiles qui émergent depuis le fond de notre fort intérieur, est une fonction naturelle de l’être humain qui si elle est réveillée et éprouvée, nous introduit dans une dimension au sein de laquelle on se sent « œuvrer de concert avec la Vie ».

Les expériences que l’on fait sur ce chemin nous aident à rectifier à chaque instant notre posture, notre façon d’être et d’agir, afin de se resituer chaque fois plus justement et plus profondément dans l’axe de notre vérité intérieure. C’est donc un chemin qui nous rend plus autonome, plus attentif à nos états intérieurs ainsi qu’aux signaux que nous renvoie l’extérieur. On réalise que certaines expériences que l’on rejetait à tout prix, faute de les avoir envisagées sous un œil entaché de trop d’idées préconçues, sont celles qu’il était parfois nécessaire que nous vivions, afin qu’à travers elles nous gagnions en lucidité, et que soient révélés notre potentiel ainsi que notre force de résilience.

Ainsi, accueillir sa guidance intérieure ne nous conduit pas nécessairement sur le chemin des aspirations fomentées par notre égo, mais répare la façon dont on veut les choses en rectifiant l’esprit avec lequel on nourrit certains désirs, ceci afin que nos choix soient de nouveau envisagés en fonction de ce qui correspond à notre nature profonde, en fonction de ce que l’on « aime vraiment ».

« Celui qui veut sauver sa vie la perdra »
Marc 8:35

Une certaine lecture de cette parole tirée des évangiles ne nous indique t-elle pas que « s’inventer une vie » selon d’arbitraires tendances de société, sans jamais consulter notre Âme, c’est prendre le risque de ne jamais vivre la vie qui nous est par essence offerte et promise ?

S’impose alors une question existentielle, ontologique, primordiale :

« être ou ne pas être ? »

Copyright texte et photo 2020 © David Mboussou

Une réflexion sur “Être ou ne pas être ?

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