QUI SUIS-JE ?

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Bio

Né le 5 octobre 1991 à Libreville (GABON), David Mboussou est un réalisateur gabonais. Il grandit à Libreville (la capitale) et passe la plupart de ses vacances scolaires dans le village de Fougamou, dont l’ambiance culturelle et naturelle cristalliseront en lui de vives impressions sensorielles qu’il s’évertuera plus tard à retranscrire dans ses créations audiovisuelles, à l’instar du court-métrage Remember Gabon.

Après l’obtention d’un bac scientifique, il s’envole pour Paris où il effectue des études de Commerce Internationale à l’ESCE (École Supérieure du Commerce Extérieur) et décroche un Master spécialisé en Marketing & Communication. Pour l’écriture de son mémoire de fin d’études, il s’intéresse aux « enjeux structurels de la production de brand content à l’heure du digital ».En parallèle de ses études, il se consacre à sa passion pour l’art et se forme en autodidacte à la réalisation audiovisuelle. Multi-casquette, il écrit, réalise, cadre et monte lui même des clips vidéos pour des artistes contemporains Gabonais, notamment le groupe de musique urbaine BGMFK qui en 2018 finira par signer avec le label Universal Music Africa et dont les clips seront diffusés sur le media Trace. Le groupe lui doit notamment les clips Aniambie, Malembe, Loin & le Meilleur.

Petit à petit, David voit s’intensifier en lui un intense questionnement identitaire et existentiel qui l’amène à réévaluer sa vision du monde moderne qu’il sent chargée d’un trop plein d’hégémonie occidentale. Dès lors, il se met en quête d’un enracinement plus profond dans ses origines Africaines afin d’opérer une meilleure synthèse de ses différentes influences culturelles. Ce cheminement se retrouve dans son travail de réalisateur, d’abord dans le clip Isolé tourné dans le désert du Nevada aux Etats-Unis, dans lequel l’artiste Troy du groupe BGMFK exprime un besoin de recul par rapport à la société de consommation. Son questionnement se poursuit à travers une série de clips et de documentaires qui témoigneront de la volonté qu’a David de s’ancrer dans les réalités sociales et culturelles de l’Afrique.

C’est au fil de ce cheminement que naît le web-documentaire contemplatif I AM CONGO, dont il assure l’écriture, la coréalisation, la photographie ainsi que la production exécutive aux côtés du réalisateur équatorien Juan Ignacio Davila. Cette aventure fera l’objet d’un mois d’immersion sur toute l’étendue du territoire congolais, et témoignera de la possibilité non seulement de valoriser l’Afrique à partir d’un point de vue Africain nuançant le regard hélas parfois misérabiliste des médias internationaux, mais également de créer sur le continent des contenus répondant aux plus hauts standards internationaux. Fort de son succès, I AM CONGO a été diffuséeen une du site Vimeo (Vimeo Staff Picks) ainsi que sur les plateformes digitales de National Geographic, en plus d’être récompensée du prix du meilleur documentaire humanitaire au Rapid Lion Film Festival en Afrique du Sud.

Mêlant sensibilité marketing et artistique, il s’intéresse à l’univers du brand content et réalise le film de lancement de la marque de streetwear de Luxe Only Made in Gabon, qu’il imprègne de son amour pour le patrimoine naturel et ancestral gabonais. Le film sera diffusé sur le media Nowness reconnu pour son iconoclasme éditorial.

En 2017 il produit et réalise le clip Kwele pour le compositeur français d’origine camerounaise James BKS (premier artiste à avoir signé avec le nouveau label 7 Wallace de la star internationale de cinéma Idris Elba), qu’il créer en collaboration avec son père, le légendaire artiste Manu Dibango et le rappeur Allan Kingdom : métaphore d’un retour aux sources d’une Afrique traditionnelle et animiste, le clip raconte le « voyage spirituel et écologique» de deux jeunes africains suite à leur rencontre avec un masque de l’ethnie Kwele.

Fin 2019 il réalise Falaman, un poème audiovisuel inspiré d’une certaine conception de l’animisme africain, pour le compte de la société de production panafricaine Lacme Studios. Ce court-métrage conceptuel est centré autour de la vie en milieu urbain d’un graphiste gabonais, Corail King, et du rapport qu’entretient ce dernier aux éléments matériels et immatériels qui alimentent sa créativité. Le court-métrage rend hommage au célèbre poème « Les Souffles » de Birago Diop, traduit en langue Fang pour la circonstance et dont l’interprétation par le conteur de Mvett gabonais Chef-Ella permet d’évoquer la façon dont « Le Souffle des Ancêtres », cet héritage immatériel qui traverse l’espace et le temps, continue à inspirer les créations d’artistes contemporains.

Le travail audiovisuel de David est emprunt d’un regard contemplatif faisant contrepoint au rythme effréné de la vie moderne.

David cherche aujourd’hui à favoriser une « synergie culturelle panafricaine » impliquant une diversité d’influenceurs issus d’horizons « à parts entières » mais « apparentés » (artistes, médias, ONGs, entrepreneurs, associations, agents culturels) afin d’amplifier la résonance médiatique de projets artistiques et pédagogiques en lien avec l’Afrique et in fine parvenir à indexer ce « soft power culturel » au financement d’initiatives sociales et environnementales ». Il est actuellement en cours d’écriture d’un court-métrage de fiction d’inspiration autobiographique, ainsi que d’un long-métrage documentaire sur le patrimoine traditionnel et naturel Gabonais.

En parallèle de son travail de réalisateur, il publie régulièrement des photographies et des essais philosophiquessur son blog (www.davidmboussou.com), en lien avec son cheminement existentiel.

 

Vision

Mon expérience au sein d’une tradition initiatique du Gabon héritée des peuples Pygmées, le Bwiti, m’a ouvert sur une façon plus totale et plus enracinée de faire « acte de présence au monde », notamment grâce à la danse et au lien entretenu avec les éléments naturels au sein de cette tradition. Or, ayant reçu une scolarité occidentale, j’ai souvent eu tendance à appréhender la vie de façon « mentale », cartésienne, à travers le prisme de schémas mentaux préétablis au sein desquels j’évoluais sans même m’en rendre compte, comme dans un circuit fermé. Mon expérience initiatique m’a aidé à faire éclater ces schémas mentaux, en m’invitant à habiter des espaces métaphysiques, symboliques et physiques autochtones dont l’existence était pour moi jusqu’à lors insoupçonnée, ce qui pour l’Africain que je suis a constitué une riche expérience de réappropriation identitaire : j’ai dû apprendre à habiter mon corps, apprendre à assimiler de nouvelles constructions sociales, mais également apprendre à lire la réalité à travers mes sens et non plus seulement à travers mon intellect.

Il n’est plus à démontrer que nous vivons une crise planétaire en partie liée à notre incapacité à habiter le(s) Monde(s) avec sagesse. Lorsque l’on parle de « Monde(s) », nous faisons bien sûr référence autant à ses territoires matériels qu’immatériels, autant à ses espaces géographiques que symboliques, autant au réel qu’à l’imaginaire. En ma qualité de producteur de contenu audiovisuel, et donc dans une certaine mesure en tant que créateur et consommateur de « virtualité », je ne peux que m’interroger sur la façon dont les images et les sons influencent notre rapport au réel, à plus forte raison dans un monde « saturé » de messages visuels et sonores parfois imposés avec violence, au point que certains penseurs envisagent une « décolonisation des imaginaires » lorsqu’il est question de revitaliser les esprits Africains.

En effet, les productions audiovisuelles les plus « consommées » par les Africains (notamment les productions hollywoodiennes) ne leur permettent pas fondamentalement de mieux habiter leur propre environnement, dans la mesure où la plupart du temps celles-ci émanent de milieux complètement différents. Pire, de nombreux jeunes producteurs de contenus audiovisuels Africains semblent se complaire dans un certain mimétisme de fond et de forme vis à vis de l’Occident.

Conscient du fait que l’imaginaire des populations d’Afrique est peuplé « d’images » qui peuvent contrarier la possibilité d’une appropriation optimale par les Africains de leur(s) propre(s) environnement(s), comment réarticuler le rapport entre les productions culturelles et le(s) public(s) Africain(s) dans une logique « écosophique», qui permettrait à ces publics de mieux appréhender leurs « réalités » respectives et donc de mieux habiter leur(s) espace(s) physiques et symboliques?

 

Méthodologie envisagée

Comment la virtualité esthétique peut-elle nous aider à mieux habiter le monde ? Le concept « d’écosophie » tel que développé par le philosophe Félix Guattari, nous aide justement à penser simultanément le symbolique et le concret. Selon lui, « tout se tient : on ne peut espérer remédier aux atteintes à l’environnement sans modifier l’économie, les structures sociales, l’espace urbain, les habitudes de consommation, les mentalités […]. C’est ce qui me conduit à parler d’une écosophie qui aurait pour perspective de ne jamais tenir séparées les dimensions matérielles et axiologiques des problèmes considérés. »

Comme se le demandent Silvia Bordini, Lorraine Verner et Roberto Barbanti : « Peut-on penser que l’art est en soi « écosophique » ? Peut-on penser qu’il l’est par sa force de rayonnement, par sa capacité à inventer des espaces subjectifs et collectifs et à activer des relations à visée transversale, pluri-dimensionnelles et complexe ? »

Je propose donc, en m’appuyant sur le concept d’écosophie ainsi que sur le mode de pensée traditionnel Africain, d’articuler une nouvelle façon de concevoir la production audiovisuelle en Afrique. Il s’agira d’envisager une « praxis », une méthodologie de la création audiovisuelle permettant de mieux rendre compte des réalités physiques et symboliques d’Afrique. Comment filmer l’Afrique et les Africains ? Comment impliquer des regards transversaux émanant de différentes « disciplines » (économie, art, politique, spiritualité, science…) et de différents milieux sociaux dans le processus créatif afin d’envisager des créations collectivement pensées en accord avec le principe d’Ubuntu? Comment penser des créations à partir d’un rapport au temps et à l’espace proprement Africain ? Autant de questions qui jalonneront ma réflexion.

Mes récentes réalisations artistiques sont autant de premiers éléments de réponses expérimentales aux problèmes que je pose.

À ce titre, ma série documentaire I AM CONGO était une façon pour moi de réanchanter le « quotidien » sans pour autant le « mystifier », grâce à une approche contemplative du réel. Je souhaitais que le public congolais puisse se voir à travers d’autres « yeux » que ceux des médias occidentaux qui posent souvent un regard misérabiliste sur l’Afrique.

 

Références

– Baraka (Ron Fricke)
– Samsara (Ron Fricke)
– Home (Yann Arthus-Bertrand)
– L’aventure ambiguë (Cheikh Hamidou Kane)
– Le Dieu perdu dans l’herbe (Gaston-Paul Effa)
– Art, paradigme esthétique et écosophie (Silvia Bordini, Lorraine Verner et Roberto Barbanti)
– Les théories de l’Art dans la pensée traditionnelle (Patrick Ringgenberg)
– Afrotopia (Felwine Sarr)
– Habiter le Monde (Felwine Sarr)

Une réflexion sur “QUI SUIS-JE ?

  1. Pingback: I am Congo – Les éloges de Douce

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