Le masque, ou le retour à soi

Un masque peut être un support de méditation qui nous relie aux archétypes constitutifs de l’inconscient collectif d’une communauté d’êtres humains. Le psychiatre suisse Carl Gustav Jung (18751961) définit l’archétype comme la tendance humaine à utiliser une même « forme de représentation donnée a priori » renfermant un thème universel structurant la psyché, commun à toutes les cultures mais figuré sous des formes symboliques diverses.

Les couleurs, les formes, les matériaux : l’agencement méthodique et rituel de ces différents aspects concours à l’expression symbolique en permanence renouvelée d’une énergie qui dans un passé immémorial, a dû permettre à une communauté d’individus de se reconnaître en elle même et par elle même, notamment par la maîtrise d’une méthode d’expression culturelle qui lui soi propre et qui est souvent conditionnée par l’environnement.

Le masque ne nous livre pas un message explicit. En revanche, il stimule les impressions qui tapissent le fond de notre inconscient en les faisant remonter jusque dans la sphère du conscient. Ces messages demandent un certain temps pour être compris et intégrés, car ils nous apparaissent le plus souvent sous la forme d’impressions sensorielles ou mentales brutes, qu’on finit éventuellement à traduire en langage clair par un travail d’introspection, de contemplation, de méditation et de verbalisation.

Certains mystiques vont jusqu’à suspecter le fait que les masques auraient le pouvoir de réveiller des impressions pré-natales faisant écho à la mémoire d’expériences vécues par les ancêtres, une mémoire à priori encapsulée en chacun de nous. Fort de cette hypothèse, on peut s’imaginer que les masques nous relient aux générations passées en nous alignant sur les énergies léguées par elles et condensées de façon symbolique dans des créations plastiques telles que des masques et autres formes de reliques.

Naturellement, dans la mesure où la carte n’est pas le territoire, il ne faudrait pas tomber dans le piège d’une analyse académique et scientifique d’un masque : il faut simplement s’efforcer d’être conscient des impressions qu’il peut générer en nous, or un masque parle de différentes façons à différentes personnes selon son vécu et son niveau de conscience, comme c’est le cas de toute véritable « oeuvre d’art ». C’est d’ailleurs là que se situe la force de l’expression symbolique : c’est un langage suffisamment large pour recouvrir plusieurs niveaux de réalité et nous inviter à plonger dans des dimensions toujours plus profondes du Soi.

 

Pour plus d’informations sur les archétypes sous l’angle de la psychologie analytique) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Archétype_(psychologie_analytique)

Pour en savoir plus sur le masque présenté en introduction :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Masque_Ngil

© 2017, David Mboussou. Tous droits réservés. Publié sur : www.davidmboussou.com

 

 

 

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