PRÉSENTATION

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Bio

Né le 5 octobre 1991, David Mboussou est un réalisateur de films, photographe et consultant en communication d’origine Gabonaise. Sa rencontre avec les traditions initiatiques de sa terre natale le Gabon ainsi que son intérêt pour les cultures ancestrales du monde entier, lui inspirent sa vocation qu’il exprime en ces termes : « réactualiser les sagesses anciennes afin de suggérer une nouvelle façon d’habiter l’Afrique et le Monde. »

 

Vision

Mon expérience au sein d’une tradition initiatique du Gabon héritée des peuples Pygmées, le Bwiti, m’a ouvert sur une façon plus totale et plus enracinée de faire « acte de présence au monde », notamment grâce à la danse et au lien entretenu avec les éléments naturels au sein de cette tradition. Or, ayant reçu une scolarité occidentale, j’ai souvent eu tendance à appréhender la vie de façon « mentale », cartésienne, à travers le prisme de schémas mentaux préétablis au sein desquels j’évoluais sans même m’en rendre compte, comme dans un circuit fermé. Mon expérience initiatique m’a aidé à faire éclater ces schémas mentaux, en m’invitant à habiter des espaces métaphysiques, symboliques et physiques autochtones dont l’existence était pour moi jusqu’à lors insoupçonnée, ce qui pour l’Africain que je suis a constitué une riche expérience de réappropriation identitaire : j’ai dû apprendre à habiter mon corps, apprendre à assimiler de nouvelles constructions sociales, mais également apprendre à lire la réalité à travers mes sens et non plus seulement à travers mon intellect.

Il n’est plus à démontrer que nous vivons une crise planétaire en partie liée à notre incapacité à habiter le(s) Monde(s) avec sagesse. Lorsque l’on parle de « Monde(s) », nous faisons bien sûr référence autant à ses territoires matériels qu’immatériels, autant à ses espaces géographiques que symboliques, autant au réel qu’à l’imaginaire. En ma qualité de producteur de contenu audiovisuel, et donc dans une certaine mesure en tant que créateur et consommateur de « virtualité », je ne peux que m’interroger sur la façon dont les images et les sons influencent notre rapport au réel, à plus forte raison dans un monde « saturé » de messages visuels et sonores parfois imposés avec violence, au point que certains penseurs envisagent une « décolonisation des imaginaires » lorsqu’il est question de revitaliser les esprits Africains.

En effet, les productions audiovisuelles les plus « consommées » par les Africains (notamment les productions hollywoodiennes) ne leur permettent pas fondamentalement de mieux habiter leur propre environnement, dans la mesure où la plupart du temps celles-ci émanent de milieux complètement différents. Pire, de nombreux jeunes producteurs de contenus audiovisuels Africains semblent se complaire dans un certain mimétisme de fond et de forme vis à vis de l’Occident.

Conscient du fait que l’imaginaire des populations d’Afrique est peuplé « d’images » qui peuvent contrarier la possibilité d’une appropriation optimale par les Africains de leur(s) propre(s) environnement(s), comment réarticuler le rapport entre les productions culturelles et le(s) public(s) Africain(s) dans une logique « écosophique», qui permettrait à ces publics de mieux appréhender leurs « réalités » respectives et donc de mieux habiter leur(s) espace(s) physiques et symboliques?

 

Méthodologie envisagée

Comment la virtualité esthétique peut-elle nous aider à mieux habiter le monde ? Le concept « d’écosophie » tel que développé par le philosophe Félix Guattari, nous aide justement à penser simultanément le symbolique et le concret. Selon lui, « tout se tient : on ne peut espérer remédier aux atteintes à l’environnement sans modifier l’économie, les structures sociales, l’espace urbain, les habitudes de consommation, les mentalités […]. C’est ce qui me conduit à parler d’une écosophie qui aurait pour perspective de ne jamais tenir séparées les dimensions matérielles et axiologiques des problèmes considérés. »

Comme se le demandent Silvia Bordini, Lorraine Verner et Roberto Barbanti : « Peut-on penser que l’art est en soi « écosophique » ? Peut-on penser qu’il l’est par sa force de rayonnement, par sa capacité à inventer des espaces subjectifs et collectifs et à activer des relations à visée transversale, pluri-dimensionnelles et complexe ? »

Je propose donc, en m’appuyant sur le concept d’écosophie ainsi que sur le mode de pensée traditionnel Africain, d’articuler une nouvelle façon de concevoir la production audiovisuelle en Afrique. Il s’agira d’envisager une « praxis », une méthodologie de la création audiovisuelle permettant de mieux rendre compte des réalités physiques et symboliques d’Afrique. Comment filmer l’Afrique et les Africains ? Comment impliquer des regards transversaux émanant de différentes « disciplines » (économie, art, politique, spiritualité, science…) et de différents milieux sociaux dans le processus créatif afin d’envisager des créations collectivement pensées en accord avec le principe d’Ubuntu? Comment penser des créations à partir d’un rapport au temps et à l’espace proprement Africain ? Autant de questions qui jalonneront ma réflexion.

Mes récentes réalisations artistiques sont autant de premiers éléments de réponses expérimentales aux problèmes que je pose.

À ce titre, ma série documentaire I AM CONGO était une façon pour moi de réanchanter le « quotidien » sans pour autant le « mystifier », grâce à une approche contemplative du réel. Je souhaitais que le public congolais puisse se voir à travers d’autres « yeux » que ceux des médias occidentaux qui posent souvent un regard misérabiliste sur l’Afrique.

 

Références

– Baraka (Ron Fricke)
– Samsara (Ron Fricke)
– Home (Yann Arthus-Bertrand)
– L’aventure ambiguë (Cheikh Hamidou Kane)
– Le Dieu perdu dans l’herbe (Gaston-Paul Effa)
– Art, paradigme esthétique et écosophie (Silvia Bordini, Lorraine Verner et Roberto Barbanti)
– Les théories de l’Art dans la pensée traditionnelle (Patrick Ringgenberg)
– Afrotopia (Felwine Sarr)
– Habiter le Monde (Felwine Sarr)

Une réflexion sur “PRÉSENTATION

  1. Pingback: I am Congo – Les éloges de Douce

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